Incontinence urinaire : pourquoi réaliser un bilan urodynamique ?
L’incontinence urinaire touche une part importante de la population âgée, en particulier après 65 ans. Ce trouble, parfois vécu comme un tabou, peut avoir un impact réel sur la qualité de vie, l’estime de soi et les relations sociales. Si les examens initiaux n’ont pas permis d’identifier l’origine de ces pertes d’urine, votre médecin pourra recommander un bilan urodynamique. Cet examen spécialisé vise à analyser précisément le fonctionnement de votre vessie et des sphincters, afin d’apporter une réponse adaptée à vos symptômes.
Comprendre l’incontinence urinaire
Ce trouble se manifeste par une émission involontaire d’urine, souvent au niveau de l’urètre. Normalement, la vessie est soutenue par les muscles du périnée et un système de sphincters qui assurent la continence. Lorsque ce mécanisme est perturbé, des fuites peuvent survenir à l’effort, lors d’une envie urgente ou même au repos. Bien que plus fréquente avec l’âge, l’incontinence peut aussi concerner des femmes après un accouchement ou des personnes présentant une vessie hyperactive. Une consultation médicale est essentielle dès l’apparition répétée de ces symptômes.
À quoi sert un bilan urodynamique ?
Lorsqu’aucune anomalie n’a été identifiée via une échographie ou une radiographie classique, un examen urodynamique est proposé pour explorer plus en profondeur le fonctionnement de la vessie, des sphincters et du périnée. Ce bilan permet de mesurer :
- La pression et la capacité de la vessie à se remplir correctement ;
- La force et la coordination des muscles du périnée ;
- Le débit urinaire et la quantité d’urine résiduelle après la miction ;
- Le comportement du sphincter pendant la phase d’évacuation.
Ces informations précieuses orientent vers un traitement ciblé ou une intervention adaptée, si nécessaire.
Préparer son examen
Avant de réaliser l’examen, plusieurs étapes sont à prévoir :
- Une ordonnance de votre médecin traitant est indispensable. L’examen est réalisé à l’hôpital, en ambulatoire, sans anesthésie ni jeûne préalable.
- Le jour du rendez-vous, informez l’équipe médicale de vos traitements en cours, de vos éventuelles allergies ou si vous portez une prothèse valvulaire.
- Pour détecter une infection urinaire, il est recommandé d’éviter d’uriner dans l’heure précédant l’examen. Une analyse d’urine est généralement réalisée en début de séance.
Déroulement du bilan urodynamique
L’examen complet dure entre 30 minutes et une heure. Il se déroule en plusieurs temps :
- Débitmétrie : vous êtes invité·e à uriner dans des toilettes spéciales qui mesurent le débit, la puissance et la régularité de la miction. Cela permet aussi de vérifier la quantité d’urine résiduelle dans la vessie.
- Cystomanométrie : une petite sonde est introduite dans la vessie pour la remplir progressivement avec de l’eau. Le but est d’observer les réactions de la vessie pendant le remplissage, en évaluant la pression interne et les sensations perçues (besoin pressant, gêne, douleur éventuelle).
- Profilométrie : cette étape mesure l’activité du sphincter. La sonde est retirée lentement, sans que vous ne parliez ni ne bougiez, afin d’évaluer la résistance du sphincter à différentes hauteurs de l’urètre.
Et après l’examen ?
Il est courant de ressentir de légers picotements en urinant ou une sensation d’irritation dans les heures qui suivent. Pour favoriser l’élimination des éventuelles bactéries et apaiser la muqueuse urinaire, il est recommandé de boire abondamment (au moins 1,5 litre d’eau par jour). En cas de fièvre, brûlures persistantes ou douleurs importantes au-delà de 48 heures, consultez rapidement votre médecin.
