Bandelettes sous-urétrales : traitement efficace ou solution à risque ?
Environ une femme sur cinq dans le monde est concernée par l’incontinence urinaire. Parmi les traitements proposés, les bandelettes sous-urétrales figurent parmi les plus utilisés depuis les années 2010, avec plus de 50 000 poses par an. Pourtant, leur usage suscite toujours des interrogations, notamment en raison du nombre croissant de complications signalées.
À quoi servent les bandelettes sous-urétrales ?
Ces dispositifs médicaux mesurent généralement 10 cm de long pour 1 cm de large. Fabriquées à partir de filaments de polypropylène tressé, elles sont placées sous l’urètre afin de le maintenir en position lors d’un effort. Le principe est simple : en agissant comme un soutien mécanique, elles réduisent les fuites liées à une incontinence d’effort.
Mais les bandelettes ne sont pas la seule option de traitement. Dans certains cas, une rééducation périnéale peut suffire. Lorsque l’implantation est envisagée, le chirurgien doit impérativement procéder à une évaluation complète, incluant un bilan urodynamique, pour adapter la solution à chaque patiente et limiter les risques opératoires.
Des effets secondaires à ne pas négliger
Plusieurs complications ont été identifiées à différents stades du traitement :
- À court terme : blessures de la vessie, lésions du bas appareil urinaire, saignements ou infections post-opératoires,
- Dans les semaines qui suivent : douleurs au niveau de l’aine, hématomes pelviens, infections urinaires (dans 22 à 32 % des cas),
- À long terme : érosion ou migration de la prothèse, troubles de la miction, douleurs chroniques, difficultés sexuelles.
Dans environ 6 % des cas, une seconde intervention est nécessaire pour retirer tout ou partie de la bandelette. L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) recommande depuis plusieurs années une vigilance renforcée concernant leur utilisation.
Un parcours semé de controverses
Des alertes médicales dès les années 2010
Dès 2014, les autorités sanitaires de plusieurs pays ont commencé à tirer la sonnette d’alarme. Le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Australie et la Commission européenne ont successivement lancé des études, renforcé la réglementation, ou suspendu temporairement l’usage de ces implants. Aux États-Unis, la FDA a reclassé les bandelettes dans la catégorie des dispositifs médicaux à haut risque (classe III).
Vers un désengagement progressif
Plusieurs fabricants ont choisi de retirer leurs produits du marché. C’est le cas d’ETHICON dès 2012, ou encore du laboratoire BARD. Certains chirurgiens privilégient désormais d’autres techniques, comme les traitements par neuromodulation ou la rééducation fonctionnelle. Le cumul des effets indésirables, associé à un nombre élevé de plaintes, a progressivement terni l’image de ce dispositif.
Si les bandelettes sous-urétrales ont pu apporter un soulagement à de nombreuses femmes souffrant d’incontinence, leur efficacité ne doit pas occulter les risques potentiels. Chaque cas doit faire l’objet d’un diagnostic approfondi et d’une discussion éclairée entre patient et professionnel de santé.
